JEAN BAPTISTE JOURDAN

 

 

Enfance et jeunesse de JOURDAN

 

 

 

 

Dans la cité de Limoges, au 37 rue du pont St Etienne, naquit le 29 avril 1763 celui qui sera considéré 32 ans plus tard, le sauveur de la France et de la toute jeune République. La famille Jourdan vit dans cette demeure à colombages et fenêtre à meneaux de bois datant du XVIème siècle.

 

Jourdan est limousin par sa mère et provençal par son père, issu de la petite bourgeoisie, son père s’installe comme chirurgien dans la cité de Limoges après son mariage. Jean Baptiste perd sa mère à l’âge de 2 ans lors de la naissance de sa jeune sœur, la charge d’élever trois enfants étant trop lourde pour papa Jourdan, il dut se résoudre à confier la garde du futur comte à son frère Laurent JOURDAN curé de BAURECUEUIL près d’Aix en Provence. ROCH JOURDAN devait décéder prématurément laissant la garde de son fils à son frère. Malheureusement celui-ci compris très vite qu’il ne pourrait pas en faire un ecclésiastique, ne pouvant assurer les frais d’une éducation supérieure il le confia à son second frère Jean-François établi à Lyon dans le négoce de l’étoffe. Très vite il souhaite échapper à l’autorité despotique de ce rude commerçant.

 

Pendant ce temps se déroule la guerre d’indépendance des Etats-Unis (1778). Quelle aubaine pour cet impétueux jeune homme! Il s’engage dans l’armé, il est incorporé au dépôt de l’île de Ré puis au régiment d’Auxerrois après une formation aux armes de quelques mois. Il se bat à la Grenade (1779), la même année il est au siège de Savannah, (1780) à l’île de St Vincent, il s’oppose victorieusement à un débarquement anglais, (1781) le voici victorieux à Tobago et oblige la garnison anglo-écossaise à capituler le 2 juin. Malade il revient en France, il est réformé en 1784.

 

Se résignant à revenir chez son oncle, mais éconduit, il trouve le réconfort auprès de sa grand-mère maternelle dans sa ville natale.

 

Il est engagé comme commis chez un ami de son père négociant de tissus envers lequel il sera consciencieux, ponctuel et honnête. Il épouse en 1788 à l’église St Michel des Lions la fille de ce commerçant Jeanne Nicolas.

 

Le jeune ménage ouvre une boutique de mercerie rue des Taules qui prospère. En 1789, le couple baptise leur premier enfant : Marie Madeleine.

 

Mais la vie du jeune commerçant bascule avec la révolution.

 

 

 

 

 

La Révolution et le général JOURDAN

 

 

 

 

Le boutiquier, grâce à une solide instruction, s’informe des événements parisiens et dès 1790, il milite « Aux amis de la constitution », société affiliée aux Jacobins de Paris. En 1790, il est nommé capitaine de la compagnie des chasseurs de la garde nationale, et suite au décret d’organisation de l’armée et du recrutement en 1791, capitaine de la 1ère compagnie du premier bataillon et lieutenant colonel de son unité, ce grâce à son ardeur patriotique. En 1792, la guerre est déclarée à l’Autriche et c’est à Jemmapes que le bataillon reçoit son premier baptême du feu.

 

En 1793, il rejoint l’Etat Major de Dumouriez et malgré le départ de celui-ci chez l’ennemi, il reste à son poste. Le gouvernement révolutionnaire procède à une épuration et grâce à son ardeur patriotique, Jourdan devient général de division. La situation militaire se détériore et la Convention décide de confier le commandement militaire à Carnot, avec qui Jourdan sympathise. Avant d’être nommé au commandement du centre de l’armée du Nord. Suite à la victoire de Hondschoote en 1793, il se voit promu général en chef de l’armée des Ardennes et remplace Houchard à la tête de l’armée du Nord, lourde charge qu’il ne peut décliner.

 

Il entreprend la remise en ordre des bataillons. L’armée française maîtrise de nouveau le terrain mais Jourdan refuse de poursuivre l’offensive faute d’équipements et d’hommes. Il est destitué par le Comité de salut public et son arrestation est décidée comme sa mort.

 

Heureusement Carnot ne l’abandonne pas et le gouvernement l’autorise alors à présenter sa défense. Loyal et patriote, son attitude le sauve.

 

Relevé de son commandement, il revient à sa mercerie. Parallèlement les opérations lancées à l’armée du Nord à l’instar du général Pichegru son décevantes.

 

Il est nommé à la tête de l’armée de Moselle pour remplacer Hoche alors emprisonné : il organise de nouveau ses troupes pour réoccuper Charleroi accompagné de jeunes généraux comme Marceau et Kléber.

Après des attaques et des contre attaque, les Français reprennent l’offensive. Epuisés, les Autrichiens battent en retraite. La bataille de Fleurus est gagnée en 1794. Parallèlement à ces campagnes, le gouvernement change et la Terreur laisse place au directoire qui établit un plan destiné à vaincre l’Autriche en divisant les armées entre l’Allemagne et l’Italie. Mais Jourdan échoue en Allemagne en 1796 ; il revient à Limoges. Il est élu brillamment au conseil des 500 mais échoue à la présidence de l’Assemblée face à Pichegru. On lui doit la loi Jourdan du 19 fructidor an VII (5 septembre 1795) sur la conscription. L’Autriche signe le Campio Formio mais se prépare à une nouvelle guerre. Jourdan retrouve un commandement et l’armée est de nouveau morcelée par les directeurs. Suite à une défaite il est remplacé par Massena mais s’offre de nouveau un siège au conseil des 500. Le directoire est incapable de mener à bien les affaires tant intérieures que militaires de la République et on pense à un coup d’Etat mais Jourdan reste dans l’expectative après sa rencontre avec Bonaparte. Bonaparte s’ouvre le chemin du pouvoir le 9 novembre 1799.

 

 

 

 

 

Sous le Consulat et l’Empire

 

 

 

 

Malgré son rejet initial par le consulat, le premier consul nomme Jourdan inspecteur général de l’infanterie puis ambassadeur auprès du gouvernement piémontais assimilé à une fonction de gouverneur alors même que le piémont est rattaché à la France en 1802. Il est élevé Maréchal en 1804 et Grand Aigle de la légion d’honneur en 1805. Il devient gouverneur de la ville de Naples et sait se faire apprécier tant par l’Empereur que la société italienne. Il marie ses filles en Italie avec un prince et un ministre des postes. Bien qu’apprécié par Joseph, le cadet de Napoléon, siégeant au trône d’Espagne, il est exclu de la noblesse impériale par Napoléon. Chef d’Etat Major aux armées françaises en Espagne, il ne parvient pas à canaliser la révolte dans la péninsule ibérique et demande son rapatriement en France. Il va alors vivre modestement pendant deux ans puis revenir en Espagne où il n’est pas écouté des maréchaux comme lors de son premier séjour. Suite au désastre de la campagne de Russie, il demande sa retraite, démoralisé et sanctionné par Napoléon. Jourdan, angoissé par les invasions de 1814, offre ses services à l’Empereur qui abdique le 6 avril 1814 et Jourdan garde une attitude convenable bien que souvent maltraité par Napoléon.

 

Sous la Restauration il est fait Comte Jourdan en 1815. L’ancien Jacobin est alors dans les rangs de la Noblesse qu’il a contribué à abattre 20 ans plus tôt ! Au retour de Bonaparte, il assure fidélité à sa majesté et devient pair de France ainsi que gouverneur de Besançon.

 

Napoléon abdique le 22 juin. Fouché nomme Jourdan commandant du Rhin. Il assure la présidence du conseil de guerre chargé de juger le maréchal Ney mais se montre prudent en se déclarant incompétent.

 

Jourdan se place parmi les doctrinaires à la chambre de pairs. Modéré, il maque son attachement aux libertés individuelles comme celles de la presse. Il est très apprécié du nouveau roi Charles X en 1824 et porte la couronne lors de son sacre. Sous louis Philippe, il devient ministre des relations extérieures. Mais à 70 ans il est promu à un poste plus honorifique et moins lourd : gouverneur des Invalides. Pour accomplir cette tâche, il a recours à un ancien ami le général Dalesme.

 

Il s’éteint le 23 novembre 1833. A ses funérailles sont présents tous les grands chefs militaires, des anciens camarades, des ministres et de nombreux discours font son éloge.

 

Son cercueil est inhumé aux Invalides où il repose toujours. Limoges honore son représentant le 2 décembre à la cathédrale St Etienne. Madame Jourdan s’éteint en 1840 à 80ans.

 

 


Buste du Maréchal Jourdan

 

 

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